Le rapport du GIEC est clair : le climat change partout dans le monde et plus vite que prévu : plus 1,5°C dès 2030. Les solutions sont limitées, et
la situation devient incontrôlable. J’ai vingt-cinq ans. J’ai grandi en ayant conscience que les ressources étaient limitées, et que le « jour du dépasse- ment » (date à laquelle les ressources renouvelables de la planète seraient épuisées) arrivera de plus en plus tôt dans l’année. Je suis de la génération des éco-anxieux, qui ne prend plus l’avion ou qui se pose la question de faire des enfants, parce qu’elle a peur de leur laisser un monde qui s’ef- fondre. Sommes-nous une génération sacrifiée, qui porte sur ses épaules les conséquences d’un système qui prône la croissance au détriment de la pla- nète ?

Dans la série Incendies, je photographie des jeunes de mon entourage dans le Sud de la France. Je travaille avec mon appareil argentique cassé, qui laisse entrer la lumière et voile le film. Les traces de couleurs sont hasar- deuses, plus ou moins intenses. En prenant ma photo, je ne sais pas exacte- ment où tombera le voile et à quoi il va ressembler. Je décide de garder uni- quement la partie de l’image voilée, où le spectre des couleurs se restreints aux tons chauds. Les autres couleurs ont presque disparu. Avec ce travail je veux mettre en avant les jeunes de ma génération et l’environnement ins- table dans lequel ils évoluent.

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